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Réflexions



Mot d'introduction de Luc Simonet au Colloque 'Back to Optimism' du 10 juin 2010

La première partie (en vert) a été prononcée en néerlandais et la deuxième en français.
 
Excellence,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,
 
Je vous souhaite la bienvenue au premier colloque de la Ligue des Optimistes du Royaume de Belgique.
 
Je me réjouis de vous recevoir dans ce très bel endroit dont l'appellation fut accueillie avec enthousiasme en dépit de sa consonance francophone, tout simplement parce que, grâce à la créativité et à l'audace de quelques spécialistes en marketing, elle fut écrite bizarrement, de sorte qu'elle n'appartient plus désormais à l'une ni à l'autre langue.
 
A l'instar du Bozar, la Ligue veut rassembler dans la créativité, l'audace et l'enthousiasme. Elle veut amener ses membres à dépasser les clivages. Nous voulons croire que les vieilles personnes vont à nouveau parler avec les jeunes, les riches avec les pauvres, les chrétiens avec les musulmans, les juifs et les libres penseurs, les Flamands avec les francophones et, pourquoi pas, les femmes avec les hommes.
 
Tentons ensemble de vaincre nos peurs que de nombreux politiciens cultivent pour manipuler les opinions publiques.
 
Les francophones s'inquiètent de ce qu'ils ressentent comme l'aigreur flamande.
 
Les Flamands aussi ont peur. Ils craignent de perdre leur identité culturelle et linguistique, si celle-ci n'était pas protégée par un territoire.
 
Craignant que Bruxelles ne lui échappe au profit de la Wallonie, la Flandre ne peut pas concevoir que l'on touche à la périphérie.
 
Quant aux Bruxellois, ils craignent que la Flandre ne veuille étouffer leur ville pour mieux l'annexer par la suite.
 
Aveuglés qu'ils sont tous par leurs peurs, Flamands, Wallons et Bruxellois ont peine à imaginer que les autres aussi vivent dans la peur.
 
Tout le monde craint l'autre, ce qui constitue un danger. Rien, en effet, n'est plus dangereux que la peur.
 
Tandis que les Bruxellois veulent que leur ville soit une capitale cosmopolite, la capitale d'une Belgique plurielle et de l'Europe,
Bruxelles, que le vice-président Joe Biden a qualifiée de vraie capitale du monde libre, est maintenue dans un carcan de peurs et de problèmes linguistiques, à tel point qu'elle ne pourrait jamais plus s'étendre.
 
Il est grand temps de s'éveiller de ce cauchemar surréaliste et d'ouvrir les yeux. Il est temps de mettre un terme à nos peurs et mesquineries. Il est temps d'élever notre état de conscience.
 
Prenons nos responsabilités et écoutons avec davantage de respect les autres et ce qui est différent de nous. Dissipons les malentendus et restaurons la confiance entre les communautés.
 
Confucius disait: “ si tu rencontres une bonne personne, réfléchis à la manière dont tu pourrais l'imiter. Si tu rencontres une mauvaise personne, scrute ton propre coeur!”
 
Nous avons le privilège de vivre au point de rencontre de deux grandes cultures.
 
Je rêve de la création en Belgique d'un institut qui étudierait les questions de la colère, du ressentiment et de la peur et qui inventerait pour notre pays une méthode de résolution des conflits collectifs fondée sur l'écoute et le respect et qui pourrait ensuite constituer un modèle unique applicable à tous les conflits de la planète.
 
Je rêve de dirigeants politiques qui, après s'être enguirlandés, vilipendés et insultés les uns les autres, soient capables de transcender leurs colères, leurs ressentiments et leurs peurs pour construire quelque chose de beaucoup plus grand : l'écoute, le respect et un exemple pour le monde entier.
 
Pour cette raison et pour rester cohérents avec nos idées, nous avons, en dépit des difficultés organisationnelles, opté pour un colloque bilingue.
 
 
 
Tous les membres des associations d'optimistes qui œuvrent sous la houlette de l'association internationale Optimistes Sans Frontières et donc aussi tous les membres de la Ligue des Optimistes du Royaume de Belgique sont les citoyens de l'Optimistan, Etat de Conscience, selon cette théorie de Teilhard de Chardin qui disait qu'à mesure que le monde se complexifiera, il conviendra d'en élever l'état de conscience.
 
En un seul moment, le XIème et le début du XIIème siècle, en un seul lieu, l'Andalousie, les trois monothéismes choisirent de se respecter, de s'admirer, de se nourrir les uns des autres. En toute liberté, leurs plus grands philosophes dialoguaient alors entre eux et avec les philosophes grecs. Sciences et religions faisaient bon ménage.
 
En été, hommes et femmes, le visage découvert ou à peine masqué d'un voile blanc, se saluaient ou se défiaient d'un sourire ou d'un mot. En hiver, quand le soleil peinait à s'élever au-dessus de la tour occidentale de la grande mosquée, musulmanes, juives et chrétiennes, sortant du bain, habillées de longs sarouals rouge et or, croisaient sans baisser les yeux le regard des jeunes gens…
 
On entendait parler toutes les langues, de l'arabe au berbère, du romance à l'hébreu; certains de ceux qui venaient du Nord continuaient même à se disputer en français, en flamand ou en génois.
 
Des marchands venus du royaume franc, de Toscane, des mers du Nord, des rivages de l'Inde, d'Afrique et de Chine avaient fait de Cordoue, cette ville perdue au milieu des terres andalouses, la cité la plus prospère d'Occident, le premier centre commercial à l'ouest de l'Inde, le point de confluence de toutes les intelligences, le lieu de rencontre de toutes les religions, le refuge de ceux qui fuyaient l'obscurantisme.
 
Nulle part ailleurs on ne voyait autant d'échanges entre hommes de foi, savants, médecins et marchands, pour le bénéfice de tous.
 
L'Andalousie sut vaincre ses conquérants, qui eurent tôt fait de tomber amoureux de la douceur de vivre et ils renoncèrent à leur intégrisme, laissèrent les trois confessions cohabiter en paix et s'éprirent de poésie et de musique.
 
Chers Amis,
 
L'Optimistan veut être ce que Cordoue fut il y a un millénaire, le point de confluence de toutes les intelligences, le lieu de rencontre de toutes les langues, de toutes les couleurs de peau, de tous les courants de pensée, le refuge de ceux qui fuient l'obscurantisme.
 
L'Optimistan veut être un Etat fondé sur des valeurs morales et dont les citoyens sont des hommes responsables, car être homme, écrivait Saint-Exupéry, c'est précisément être responsable, c'est sentir, en posant sa pierre, que l'on contribue à bâtir le monde, un Etat d'espérance aussi, car nul ne peut se sentir à la fois responsable et désespéré.
 
L'Optimistan veut être un Etat où chaque citoyen est enrichi de la différence de l'autre.
 
L'Optimistan enfinest un Etat itinérant, sans territoire, un Etat caravanesque, dont la capitale sera établie chaque année dans une autre ville, ville dans laquelle nous organiserons le congrès annuel mondial de l'Optimisme.
 
L'Optimistan, enfin, est un Etat dont la musique constitue l'unique langue officielle, car, comme le disait Sofia Gubaidulina, la vie réduit l'homme en tant de pièces que je ne connais pas de tâche plus sérieuse que de l'aider, par la musique, à recomposer son unité spirituelle
 
et comme j'aimerais que cet idéal de l'Optimistan soit aussi celui de mon pays, la Belgique.
 
 
Mesdames, Messieurs,
 
Les temps que nous allons vivre seront difficiles, parce que la crise que nous vivons est bien plus qu'une crise. Il s'agit d'une vraie révolution qui va sonner le glas d'une société de surproduction et de surconsommation de biens à faible bonheur ajouté…
 
… et nous devons nous en réjouir, parce que, comme l'exposait Emmanuel Kant dans ‘la Critique de la Raison Pratique' « nous devons agir de telle sorte que l'ordre du monde ne soit pas troublé si tout le monde agissait comme nous agissons » et qu'il se fait que si le monde entier se mettait à vivre comme nous avons vécu en occident, la vie humaine sur terre ne serait plus possible.
 
Nous allons donc devoir apprendre à trouver plus de joie dans les liens que dans les biens.
 
J'emprunte à mon ami, le bientôt bâtonnier Jean-Pierre Buyle, cette référence à Vladimir Poutine qui à Davos disait que « nous vivons une crise parfaite. Un phénomène qui se produit quand les forces de la nature convergent en un point de l'océan et démultiplient leurs capacités destructrices ». Crise financière. Crise économique. Crise de valeurs. Crise de confiance.
 
Si nous voulons surmonter cette terrible épreuve, nous devrons changer le cap pour préparer l'avenir.
 
Quand Socrate va à Delphes, l'oracle lui adresse le principe universel "connais-toi toi-même". Lorsque Diogène se rend à Delphes, le même oracle, le dieu Apollon, lui réserve un autre principe aussi essentiel mais plus curieux : "change la valeur de la monnaie". Qu'est-ce que cela peut signifier ? : "altérer, changer la valeur de la monnaie, de ta monnaie" ?
 
Monnaie vient du grec monisma. C'est proche de Nomos, la loi, la règle, la coutume. Changer la valeur de la monnaie, c'est aussi prendre une certaine attitude à l'égard de ce qui est convention, règle.
 
Changer, cela peut dire altérer malhonnêtement la monnaie ou dévaluer la monnaie. Mais cela peut avoir un autre sens, plus positif. A partir d'une pièce de monnaie qui porte une certaine effigie, c'est vouloir effacer l'effigie qui s'y trouve, la remplacer par une autre qui représentera beaucoup, qui permettra à cette pièce de circuler avec sa vraie valeur.
 
Et si je fais le lien avec l'autre précepte de l'oracle de Delphes, je veux dire que c'est en se connaissant soi-même que l'on peut réévaluer sa monnaie. La réévaluation ne peut se faire que par la connaissance de soi-même, celle qui substitue à la fausse monnaie de l'opinion que l'on a de soi-même, que les autres ont de nous, une vraie monnaie qui est celle de la connaissance de soi.
 
Une des idées qui sous-tend notre mouvement est que « l'Optimisme n'est pas une aptitude congénitale au bonheur qui nous affranchirait des problèmes douloureux et des grands chagrins de notre vie.
… que l'optimisme est un apprentissage par lequel, à partir d'une décision consciente, l'homme se construit dans la connaissance de lui-même et la discipline et
… que l'optimisme mène à l'intuition du sens de la vie.
 
C'est, je pense, ce dont vont vous parler les personnes d'exception qui nous offriront le partage de leurs expériences.
 
 




 
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